Xutianyang

 

Le petite sirène

À l’approche de la nuit, on alluma des lampes de diverses couleurs, et les marins se mirent à danser joyeusement sur le pont. la petite sirène se rappela alors la soirée où, pour la première fois, elle avait vu le monède des hommes.elle se mêla à la danse, légère comme une hirondelle, et elle se fit admirer comme un être surhumain. mais il est impossible d’exprimer ce qui se passait dans son cœur ; au milieu de la danse elle pensait à celui pour qui elle avait quitté sa famille et sa patrie, sacrifié sa voix merveilleuse et subi des tourments inouïs. cette nuit était la dernière où elle respirait le même air que lui, où elle pouvait regarder la mer profonde et le ciel étoilé. une nuit éternelle, une nuit sans rêve l’attendait, puisqu’elle n’avait pas une âme immortelle. jusqu’à minuit la joie et la gaieté régnèrent autour d’elle ; elle-même riait et dansait, la mort dans le cœur. enfin le prince et la princesse se retirèrent dans leur tente : tout devint silencieux, et le pilote resta seul debout devant le gouvernail. la petite sirène, appuyée sur ses bras blancs au bord du navire, regardait vers l’orient, du côté de l’aurore ; elle savait que le premier rayon du soleil allait la tuer. soudain ses sœurs sortirent de la mer, aussi pâles qu’elle-même ; leur longue chevelure ne flottait plus au vent, on avait coupée. « nous l’avons donnée à la sorcière, dirent-elles, pour qu’elle te vienne en aide et te sauve de la mort. elle nous a donné un couteau bien affilé que voici. avant le lever du soleil, il faut que tu l’enfonces dans le cœur du prince, et, lorsque son sang encore chaud tombera sur tes pieds, ils se joindront et se changeront en une queue de poisson. tu redeviendras sirène ; tu pourras redescendre dans l’eau près de nous, et ce n’est qu’à l’âge de trois cents ans que tu disparaîtras en écume. mais dépêche-toi ! car avant le lever du soleil, il faut que l’un de vous deux meure. tue-le, et reviens ! vois-tu cette raie rouge à l’horizon ? dans quelques minutes le soleil paraîtra, et tout sera fini pour toi ! » puis, poussant un profond soupir, elles s’enfoncèrent dans les vagues.

Dans : La lecture
Par xutianyang
Le 6 novembre 2017
A 19 h 37 min
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